Salut, je suis Wendall Utroi !

 

Comme souvent dans ce monde parallèle qu’est celui des livres et de leur contenu ; j’étais un accroc à la lecture dès mon plus jeune âge. Aussi loin que mes souvenirs remontent, je crois avoir eu un roman, une brochure, une BD entre les mains.

 

Mon grand-père, baptisé avec le marteau et la faucille, homme qui sifflotait l’Internationale en se rasant, me donnait de la monnaie chaque dimanche matin. Elle était destinée à la quête de la messe dominicale. Ne portant pas le clergé dans son cœur, il me donnait cet argent toujours avec la même recommandation : « les Francs ; les pièces blanches sont pour toi. Et les jaunes ; les centimes sont pour le curé.
Sitôt l’office terminé, je filais ventre à terre  directement chez le libraire qui se trouvait face à l’église. Là, j’hésitais, soupesais, lisais et reposais les revues pendant plus d’une heure. Enfin, je m’achetais de quoi contenter ma boulimie de lire pour un jour ou deux.

 

Ma tante, qui vivait encore chez ses parents, fut sans doute à l’origine de cette passion dévorante. C’est ainsi que je suis passé des Oui-Oui aux Pif et Mickey, des Rahan et Comics aux collections vertes et roses. Puis en grandissant, tout ce qui me passait sous la main : les malheurs de Sophie, la série des Jules Vernes, Sherlock Holmes, Jack London, quelques Alexandre Dumas, Zola, Hugo, Balzac et quelques autres. Vers douze ans, tandis que l’on nous obligeait à nous plonger dans les classiques, je me suis tourné vers des registres différents. Il y avait une série que j’adorais : les livres d’or de la science-fiction, je crois en avoir lu une bonne partie. On comptait parmi les auteurs : Asimov, Sturgeon, K.Dick, Silverberg et tant d’autres dont j’ai oublié les noms. Entre deux lectures SF, j’alternais au hasard de mes passages à la bibliothèque du collège.

Puis à seize ans, diplôme en poche de dessinateur industriel, on m’a poussé dans le monde du travail, de la vie active disait-on. La fatigue, les trajets en mobylette… mes lectures se sont espacées. Le cinéma était entré dans ma vie.

Et puis c’est revenu, plus tard, bien plus tard, tandis que je lisais des histoires le soir à ma fille aînée, avant qu’elle ne s’endorme. Ensemble, nous allions à la bibliothèque municipale, et le virus est réapparu.

Pour l’écriture, c’est différent, je peux dire qu’elle s’est imposée à moi, en douceur, petit à petit, jusqu’à submerger un peu toutes mes autres activités. Mais j’en parlerai une autre fois.

Vous en voulez plus ?

 

Vers la fin des années 90, quand j’y repense, ce n’était pas hier, je m’étais tâté à la sculpture sur bois, la peinture au fusain, puis à l’huile. J’aimais ces activités, elles me procuraient beaucoup de plaisir, en plus du bricolage et du sport. Est venue la naissance de notre troisième enfant, un garçon, mais aussi quelques difficultés financières, comme tout à chacun. J’ai alors tenté une chose totalement futile, mais dont le principe me plaisait. Un site : TOLUNA, proposait de déposer un avis ou un test sur un produit de consommation courante, et en fonction des lectures et des retours, vous pouviez espérer quelques centimes. J’avais donc rédigé une trentaine de lignes concernant un appareil photo, texte vivant avec quelques dialogues. Les commentaires furent nombreux, et les gens ravis. Je venais de goûter au plaisir de partager ses écrits. 

 

Quelques jours plus tard, j’ai découvert qu’il existait une zone réservée aux textes libres sur le site, elle non rémunérée. Et je me suis lancé. Une nouvelle, puis deux, puis dix. Le nombre de lecteurs qui s’abonnaient à mon compte grossissait de semaine en semaine. Il s’agissait en quelque sorte des prémices des plateformes que l’on croise aujourd’hui telle que Atramenta, Wattpad, Monbestseller. Cela a duré plusieurs mois, et une nouvelle a éveillé un peu plus l’enthousiasme des lecteurs ; on me demandait la suite. J’ai donc publié quatre ou cinq chapitres, c’est ainsi que naquit le début de mon premier roman, nous sommes en 2001.

 

Et puis la vie a repris le dessus. Un déménagement, le souhait de grimper les échelons, des études, passages d’examens. J’écrivais toujours, pour mon propre plaisir, des textes courts, des débuts de romans, sans réelle constance. Puis en 2009, je me suis rendu pour un an en Afghanistan, lors d’une mission européenne. Le fait de me retrouver seul sans mes proches, de ne pas regarder la télévision, de vouloir me libérer l’esprit de tout ce que je vivais, j’ai ressorti les quatre premiers chapitres, et j’ai poursuivi. En 2010, la moitié du roman « Un genou à terre » était couchée sur le papier. De nouveau en France, il est resté bien au chaud sur un disque dur. Ce n’est que lors d’une seconde mission, cette fois dans les Balkans, que j’ai achevé l’histoire.