Bonjour chers abonnés, chers visiteurs.

 

Le blog depuis quelques semaines, pour ne pas dire mois, stagne, vivote, et je vous demande de m’en excuser. Certes, je ne vous imagine pas tremblant d’impatience dans l’attente de la lecture d’un de mes articles, mais c’est dans l’inactivité que naît l’oubli.  Baigné de remords et submergé par l’envie de jouer du clavier, je me suis dit, pourquoi ne pas vous livrer mes états d’âme sur l’aventure qui dure depuis cinq ans.  

Cinq ans déjà ! C’est fou comme le temps se joue de nous lorsque l’on évoque des souvenirs agréables ! Que vous soyez auteurs ou lecteurs, cet article s’adresse à vous.

Découverte :

Si je devais résumer cette période en un mot, ce serait découverte. J’aurais pu écrire : travail, bonheur, joie, fierté, remerciements, miracle, doute ou rêve, mais chacun ce ne serait qu’une infime partie de mon ressenti. Pourquoi découverte ? Pour différentes raisons :

La première revêt plusieurs facettes ; découverte d’une activité qui n’en finit pas de me surprendre et d’éveiller mon intérêt. Quel plus exigeant chemin que celui de l’écriture ? Reflet de la pensée, de l’imaginaire, des peurs et des craintes, des espoirs et des déceptions. Comment transmettre les émotions sans se fourvoyer, sans tomber dans la facilité ?

Celle du plaisir d’écrire, d’un apprentissage de chaque jour, d’une quête inaccessible vers un aboutissement qui ne l’est jamais. 

D’un passe-temps, pour ne pas dire passion, qui m’absorbe tout entier et m’emporte à des années-lumière de la réalité.

La découverte d’un Nouveau Monde : l’autoédition. Une contrée sauvage, sans règle ni loi, sans limites, sans le moindre carcan. On y côtoie l’absurde, le dérisoire, le technique et le vaporeux, l’horreur et la poésie, le tout sans aucune contrainte. Cela me fait penser à la naissance du Web, nébuleuse contrée. Certes, on pourrait se courroucer du manque de professionnalisme, de l’amateurisme diront certains avec dédain, mais il a le mérite d’exister et c’est merveilleux. Quel autre lieu permet à tout à chacun de s’exprimer et de pouvoir être lu ? Charge au lecteur, dans ce monde de bric et de broc, de trouver chaussure à son pied en fonction de ses propres critères. Je ne doute pas qu’il finisse par trouver.

La découverte des lecteurs. Quelle frustration cela doit être, que de livrer ses écrits sans pouvoir recevoir en retour l’avis de celui qui s’y penche ! J’ai fait de belles rencontres virtuelles, elles sont nombreuses et il m’est impossible de les lister. Des personnes, en chair et en os, qui au travers d’un mail, de ma page Facebook, me suivent  me soutiennent, m’encouragent,  me bousculent et me font avancer. 

La découverte d’une activité salvatrice, car oui, l’écriture peut faire du bien, panser certaines plaies, être le révélateur d’une partie de soi que l’on n’imaginait pas. Dire, parler est une chose, coucher les mots sur le papier en est une autre. Le langage, fumée de cigarette, s’évapore. L’écriture reste et permet bien des mois ou des années plus tard de lire entre les lignes. 

Quel constat tirer au bout de ses cinq années ? 

Il n’est jamais aisé de regarder en arrière et de dresser un bilan avec honnêteté et impartialité lorsque l’on est partie prenante. Mais je vais tenter de rester objectif. 

Bien entendu, le résultat dans sa globalité est positif et ce ne sera pas sur ce point que je m’attarderai, il ne vous servirait que peu. Je vais donc pointer du doigt les écueils rencontrés. 

Mon premier roman a été publié en 2014, c’est un point important dans l’historique, pour la bonne raison que le monde de l’autoédition balbutiait encore. Le succès qu’il a reçu à l’époque doit être tout relatif, car la concurrence était moindre, et j’avais eu le culot de le vendre 0.99 € pendant plusieurs mois, sans jamais chercher à en augmenter le prix. Le style était approximatif, pour ne pas dire inexistant. Les fautes, bien vivantes, se ramassaient à la pelle. Le manque de travail, d’investissement, de délégation, et de sérieux en étaient la cause.

Après ce roman à suspense, un peu thriller déguisé, pour contenter les demandes d’une de mes filles, j’ai écrit le premier tome d’un roman fantasy. La qualité de l’écriture n’était toujours pas au rendez-vous, mais il ne présentait que peu de fautes, et c’était déjà une belle avancée. Les lecteurs de la première heure furent peu nombreux à me suivre dans un registre où l’on ne m’attendait pas, et ce fut un flop.  Un tel changement n’est pas très bon pour fidéliser le lectorat, mais l’autoédition ne vous oblige pas à rester cloîtré dans un tiroir. Fort de ce constat, j’ai repoussé l’écriture du tome deux. Et ce fut une nouvelle erreur. J’avais écrit sans tenir compte des conséquences et j’aurais dû poursuivre dans cette voie.  

J’en avais conclu que le succès m’attendait dans l’écriture de romans à suspense. J’ai cédé aux sirènes qui m’appelaient de leur voix langoureuse « écris un thrillerrrr ! ». Ce fut effectivement un succès, le travail commençait à se faire sentir, même si à mes yeux cela ne suffisait pas. 

À chaque fois, j’évoquais un sujet qui me tenait à cœur, et cela m’incitait à poursuivre l’aventure. 

Le besoin de parler de l’enfance en détresse me poussa à écrire « Wanda »… cette fois, je devais aller plus loin, repousser mes limites. Le soutien de lecteurs de la première heure pendant l’écriture me fut d’un très grand secours. C’était la première fois que je partageais mes écrits avant de publier et je leur en suis reconnaissant encore aujourd’hui. J’ai la prétention de penser que ce roman marque un tournant dans mon parcours. Le travail commençait à donner des résultats convenables. Mon lectorat s’étoffait. En bon gestionnaire, j’aurais dû poursuivre dans ce registre !

Mais, c’était sans compter sur l’envie de me lancer un nouveau challenge : écrire au passé, une histoire de famille tourmentée et rendre hommage à mon grand-père. Après tout, je risquais quoi ? Perdre des lecteurs, me planter, décevoir ! La peur n’évite pas le danger, elle rend les couleurs de la vie bien plus pales. Chose surprenante, qui me réjouit au plus haut point, les lecteurs, vous, vous m’avez suivi et fait confiance. Je n’en reviens toujours pas. Et… ce fut un joli succès. La joie de lire les retours était indéfinissable, décuplée par le sujet abordé, et le plaisir que j’avais eu à l’écrire. Je découvrais la littérature dite blanche, je partageais des émotions, et les gens aimaient ça. 

J’ai renouvelé l’expérience avec « La tête du lapin bleu » … et j’ai travaillé encore plus fort, plus dans le détail, plus longtemps, toujours avec l’aide de personnes bienveillantes. Cette fois, j’avais le sentiment que le résultat était à la hauteur de mes attentes, même si le doute persistait, et si je savais que je n’étais pas au bout de mes efforts. 

Ce roman représente un peu à lui seul le bilan de ces cinq années. Ce n’est pas le résultat d’un quelconque talent, ce n’est pas non plus un chef-d’œuvre, mais il est l’aboutissement d’un parcours où j’ai compris que le travail, la remise en cause, le plaisir d’écrire des choses que l’on aime était primordial. Désormais, je sais où je vais. Je n’écrirai plus pour gagner en visibilité, ou pour collectionner des lecteurs, me conformer aux attentes, mais juste pour assouvir un besoin… celui de me faire plaisir, de me mettre en danger, et d’aller toujours plus loin. 

Remerciements

Comment ne pas être reconnaissant ? Je le suis en pensant aux premiers lecteurs, ceux des années 95 et suivantes, alors que j’écrivais des articles sur un site d’avis de consommateurs, et qui m’ont poussé à écrire. Ceux ensuite qui ont lu mes premiers écrits, qui m’ont ouvert les yeux sur le manque de qualité, qui m’ont crié que l’histoire était belle, et les personnages criants de vérité. Ceux qui m’ont suivi malgré mes changements de cap. Tous les nouveaux qui ne craignent pas de lire mes premiers livres, souvent avec indulgence. 

Et puis aussi, tous ceux et celles qui m’ont aidé dans l’écriture, la correction, qui m’ont soutenu dans mes moments de doute, galvanisé par leur enthousiasme. 

Mille mercis à toutes et tous !